#Women Do BD

 A la suite du mouvement d’indignation et de contestation engendré par  l’absence de femmes nominées pour le prix du Festival international de la bande dessinée, qui se déroulera du 28 au 31 janvier à Angoulême, la direction du Festival a été contrainte de modifier sa liste en y incluant des dessinatrices.

bd et machisme

Illustration de Laurel

Premières réponses de Franck Bondoux, délégué général du Festival dans une interview accordée au Monde :

« Le concept du Grand Prix est de consacrer un auteur pour l’ensemble de son œuvre. Quand on regarde le palmarès, on constate que les artistes qui le composent témoignent d’une certaine maturité et d’un certain âge. Il y a malheureusement peu de femmes dans l’histoire de la bande dessinée. C’est une réalité. Si vous allez au Louvre, vous trouverez également assez peu d’artistes féminines. »

Nous sommes bien d’accord : l’Art ainsi que son histoire a toujours été aux mains des hommes. Les écoles de peinture n’étaient pas accessibles aux femmes, ou alors seulement en tant que muse ou modèle. De nos jours, même si les choses évoluent, il se trouve qu’au Louvre comme ailleurs, pour entrer dans un Musée, la femme doit être un modèle nu, et les artistes majoritairement des hommes.

art et sexisme

(Au Musée Metropolitan, à New York, qui est l’un des plus grands musées d’art au monde,  moins de 5 % des artistes d’Art Moderne sont des femmes, mais 85 % sont des nus féminins.)

Est-ce pour autant M Bondoux qu’il faille accepter la domination masculine comme de fait, sans possibilité de changement et nier l’existence de dessinatrices de qualité qui se consacrent à leur art ? Doit-on rappeler que l’art n’a pas de sexe ?

Réaction de l’un des nominés, Riad Sattouf, qui a entraîné un effet boule de neige parmi plusieurs autres dessinateurs désignés : » J’ai découvert que j’étais dans la liste des nominés au grand prix du festival d’Angoulême de cette année. Cela m’a fait très plaisir ! Mais, il se trouve que cette liste ne comprend que des hommes.
Cela me gêne, car il y a beaucoup de grandes artistes qui mériteraient d’y être. Je préfère donc céder ma place à par exemple, Rumiko Takahashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse (je vais pas faire la liste de tous les gens que j’aime bien hein !)…
Je demande ainsi à être retiré de cette liste, en espérant toutefois pouvoir la réintégrer le jour où elle sera plus paritaire ! Merci ! On se voit à Angoulême ! »
 Florence Cestac, auteure de BD : « il n’y a sans doute eu aucune volonté d’évincer les femmes. C’est pire, ils ne s’en sont sans doute simplement pas rendu compte. De ça comme du reste. »

 Les dessinatrices ont été jugées par les organisateurs comme non représentatives et peu « matures » par rapport à la nature du prix.

 Alors on peut se poser la question : s’agit-il de sexisme ordinaire ou d’un paternalisme obséquieux ? Dans les deux cas, ce n’est pas très glorieux.

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