Un amour d’elfe

Le groupe Des lys des mots vous convie à une soirée lecture-débat le mardi 3 février au Central Perk de Tony Dean à partir de 21 h 30.

La soirée s’articulera autour de la nouvelle « Un amour d’elfe » de Frederic Heberle.

Chaque participant pourra échanger sur les relations amoureuses sur Second Life.

juste une elfe2

Second Life permet toutes les fantaisies, les résidents peuvent changer d’apparence, de sexe…être un furry, un tiny, un loup-garou, un vampire, un personnage de manga, une boîte en carton…ou une elfe. Dans cet univers où le meilleur côtoie bien souvent le pire, les balles bleues et roses, et même sans parler des balles de sexe, favorisent les rapprochements entre les individus.

« Quand elle me souffle ses baisers, ce sont des envolées de pétales qui les accompagnent, quand elle se lave à la cascade, elle est nimbée de rosée arc-en-ciel, quand elle avance vers moi, c’est sur des tapis de fleurs minuscules et discrètes mais qui poussent en avenues dans les sous-bois. »

Pour 10 L$, on affiche sur son profil un partenaire, on peut se marier, acheter une maison, avoir un bb, adopter un enfant…Certains le regrettent, d’autres trouvent cela naturel. Pourquoi reproduire dans un monde où tout semble possible et perméable à notre imagination, le parcours d’une vie rl traditionnelle ? Cela peut sembler curieux et à moins d’être un ermite, on s’enrichit en côtoyant des personnes intéressantes et qu’on le veuille ou non, on tisse des liens avec certains.

Untel va jouer une prostituée, un autre s’autoproclamera Maître, celui-ci sera Goréen et aura un cheptel d’esclaves, unetelle sera créatrice de vêtements ou de bijoux, ou encore artiste, patron de club, organisatrice d’événementiel et j’en passe…

Dans cet univers peuplé de Ken et de Barbie, seuls le langage et le comportement pourront différencier les individus.

« Quand elle se confiait, tranquillement installée dans mes bras, c’étaient les ruisseaux qui murmuraient à mon oreille, des ruisseaux auxquels ne manquaient ni les tourbillons étincelants, ni les demoiselles irisées, ni les abeilles bourdonnantes. »

Bon, en matière de sensualité, second life est ce que la pôle dance est à la danse classique. Certains s’en accommodent fort bien, et comme il est d’usage de scander dans cet univers très codé « chacun fait ce qu’il lui plaît ». On y trouve matière à se lâcher puisque après tout « ce n’est que du virtuel », « ce n’est pas moi, c’est ma poupée »…La différence pourrait se situer entre se lâcher et lâcher prise. Et elle est énorme.

Bref, si certains rapprochements ne s’embarrassent d’aucune fioriture, il y a cependant un aspect non négligeable, celui des « belles » rencontres. Et oui, une certaine forme de « romantisme ». Je préviens tout de suite, il ne s’agit pas d’un mot grossier et qu’il ne faut en aucun cas associer, à ces déclarations fleur bleue, auréolées de petits cœurs et de guimauves à n’en plus finir et qui restent dans le démonstratif et l’impudique tout comme dans la culture pornographique…Non, on dira plutôt une élégance discrète, une sincérité et une loyauté sans faille dans le fond comme dans la forme.

La nouvelle de Frederic nous parle d’un homme encore jeune puis vieillissant amoureux d’une elfe, qui comme chacun sait, ne vieillit jamais. C’est un sujet qui a été maintes fois traité dans la littérature et au cinéma, celui d’un homme d’âge mûr qui s’éprend d’une jeune fille ou plutôt de sa jeunesse.  Mais ici, il n’est nul question d’apprentissage. La jeune fille n’est pas l’éternelle petite oie blanche initiée par un homme pervers pour finalement dépasser le Maître, une simple marionnette interchangeable et livrée à  l’esprit tordu et sans imagination d’un auteur ou d’un cinéaste.

Central Perk, Fanette  et Frederic

Central Perk, Fanette et Frederic

L’elfe de Frederic a le goût du miel et est d’une élégance toute elfique.  Naturelle et sensuelle. C’est elle qui choisit le moment de leurs étreintes et qui  partage des moments simples, des petits bonheurs avec celui qu’elle aime. Elle est sujet dans le regard de son amoureux et non pas un objet destiné à combler des pulsions narcissiques. Et parce qu’elle aime, elle donne tout sans pour autant renier ce qu’elle est.

« Je croyais à l’éternité à deux, ce genre d’éternité qu’envisagent tous les amoureux du monde. »

La nouvelle nous confronte à la précarité de la vie à laquelle chacun de nous doit faire face  : nous sommes juste de passage dans ce monde….Et dans une société vouée au culte de la jeunesse et de la performance, la vieillesse apparaît comme une déchirure, un gouffre sans fond, une forme de deuil et n’est plus synonyme de sagesse ou de transmission. Dans notre culture, la vieillesse est trop souvent associée à solitude et perte d’identité.

« J’ai eu soixante-dix ans et certaines petites choses ont encore changé. Elle me préparait des potions pour me réchauffer, pour me redonner de la vigueur. Aucun philtre ne pouvait plus changer mon image dans le grand miroir du salon et mon reflet, souvent, me disait combien ma vie s’allongeait et combien les jours allaient raccourcir. Le froid de l’hiver brûlait mes poumons et me faisait tousser. Mes rares cheveux étaient désormais tous blancs. Mes doigts avaient perdu de leur force. Souvent mes yeux brillaient de larmes vite cachées. »

Les avatars eux ne vieillissent pas. Malgré cela,  certains entament une course effrénée, collectionnant  les bodys qui leur semblent les plus performants, les plus esthétiques, dans une recherche de perfection aussi pathétique qu’illusoire. On est arrivé à créer dans un univers virtuel des avatars que l’on retouche sans cesse, qui se déplacent sur la pointe des pieds avec des seins comme des obus, des fesses d’hippo, des bouches de babouin, qui défient toutes les lois de la gravité, en somme des monstruosités pixellisées…L’avatar ne serait plus véhicule d’immersion dans ce metavers mais une projection fantasmée de soi.

N’oublions pas que rien ne saurait remplacer le charme naturel d’un être humain, et la beauté d’une personne dans le regard de l’être aimé et cela quel que soit son âge.

Extraits de « Un amour d’elfe » de Frederic Heberle

 

Venez nous rejoindre au célèbre coffee shop, le Central Perk, issu de la sitcom américaine Friends, des années 90 que Tony a reproduit sur Second Life :

Central Perk coffee

« J’apprécie les diverses situations cocasses qui surviennent entre les différents personnages de la série, de même que les différents caractères des six personnages principaux qui s’opposent mais se complètent également. Et puis j’aime beaucoup aussi les différents décors utilisés dans la série, notamment le coffee shop Central Perk que je trouve original dans sa conception et l’atmosphère qu’il dégage. »

http://maps.secondlife.com/secondlife/Lionheart%20Ahadi/182/78/29

 

 

 

 

 

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