Frederic Heberle ou l’Eloge de la calinologie

 

A la lecture du blog de Frederic Heberle « La calinologie au service de l’homme », Frédéric Casset en RL, la magie des mots opère et on découvre avec plaisir un véritable poète. Il y publie non seulement ses poèmes en textes mais en présente également en images, les premiers datant de 2007.

Je vous recommande en particulier la lecture des suivants : pour leur approche toute en nuances du désir féminin « L’Art de la chasse », « Jouer à quatre mains », « L’amour vague », « Moments tendres » et « Acte d’amour », pour le regard d’un homme sur l’éternel féminin, « La Fée » ,« La Robe couleur de saisons » et « Il était une danse » ainsi que « Blues d’un soir d’hiver » pour son ode à l’amitié et « Le Profiteur » qui sonde la noirceur humaine.

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J’ai choisi de vous présenter « Mensonges », écrit en novembre 2008, car il me fait penser à ce que pourrait être une rencontre SL qui franchirait la barrière parfois fragile vers la RL :

« Naviguant dans les brumes du petit matin,

Sur un quai venteux, bondé d’inconnus hagards,

Un éclair doré a accroché mon regard,

Et je me faufile pour attraper ta main.

 

Il m’était impossible de me tromper.

Sans imagination, je connaissais de toi,

L’éclat de tes yeux, les inflexions de ta voix

Et ta coiffure un peu folle, ébouriffée.

 

Plus rien ne compte que tes yeux, dès ce moment,

Qui, si bien, reflètent mon âme conquise,

Ta petite main, si douce, que j’ai prise

Et dont je caresse la paume tendrement.

 

Je vais, des lèvres, en prélever la chaleur,

Avant d’oser m’aventurer sur ton poignet

Derrière la peau fine, sentir palpiter

Ton envie de vivre, sentir battre mon cœur.

 

Jamais je n’ai cru en un être suprême,

Mais ce matin, je me dois de reconnaître

Que j’envisage, sans peur, d’avoir un maître.

Permet que je m’agenouille et que je t’aime.

 

Que notre route soit longue, sans horizon,

Qu’elle soit bordée de fleurs, pavée de tendresse,

De sourires, de douceurs, pour qu’elle ne blesse

Nos âmes fragiles, lorsque nous la prendrons.

 

Dans tes yeux je lis de l’incompréhension.

Tu retires ta main, et tu te recules.

Alors, je comprends, te voyant incrédule.

J’ai trop rêvé…Je rentre seul à la maison. »

Frederic Heberle a le projet d’enregistrer tous ses poèmes et de les mettre en ligne.

La plupart des textes ont été inspirés par Second Life  et offerts à ses inspiratrices ou « muses ».

« Ce monde a été un révélateur et un champ d’expérimentation que j’ai désormais élargi au monde réel ».

Il complète sa vision de SL de manière encore plus personnelle :

« J’ai perdu toute timidité depuis mon arrivée : lire, partager, intervenir devant des groupes devient de plus en plus naturel au point de m’inciter à organiser certaines réunions en RL. »

Peut-on alors encore douter de l’utilité de SL ?

« J’ai toujours lu mes poèmes sur SL, depuis le début des échanges vocaux, parfois pour une seule personne, parfois en petits comités, la poésie ne faisant pas encore recette. J’ai bon espoir que, par le biais du slam*, plus populaire, la poésie regagne du terrain dans toutes les générations. Le fait de lire mes poèmes me permet de partager mes écrits en y mettant les sentiments que j’avais en les écrivant. Je pense que c’est un petit plus par rapport à une lecture solitaire pour quelqu’un qui découvre la poésie et ne sait pas encore y mettre de son imaginaire. »

Le slam pourrait-il donc venir au secours de la poésie en conquérant un nouveau public ? Et rêvons un peu en cette nouvelle année 2011 : Second Life pourrait-il être un outil pour faire accéder et faire apprécier l’art poétique au plus grand nombre ?

 Frederic Heberle

Lorsque j’ai demandé à Frederic Heberle sa définition de la « calinologie », mot lu sur le profil de son avatar et sur son blog, il m’a fait la réponse suivante :

« Je définirais la calinologie en fonction du mot câlin. Un câlin est un contact physique entre une personne et une ou plusieurs personnes, soit avec un objet tel qu’un ours en peluche et qui implique généralement une étreinte avec les bras ou une grande proximité. De fait, mes câlins ont toujours impliqués que je prenne la personne dans mes bras, ce qui fut plus facile sur SL quand j’ai commencé voici plus de trois ans. Je fais de même en RL depuis quelques temps. Il s’agit donc de rassurer, de créer un contact propice à un véritable dialogue, et non pas à un monologue comme on peut l’imaginer chez un psy – que je ne suis absolument pas. »

Frederic Heberle insiste sur le fait que lire lui fait du bien parce que cela le valorise aux yeux des autres mais il  prend également beaucoup de plaisir à les écouter lire et encore plus quand ils choisissent de lire ses écrits :

« Quelque part, je suis la cause de leur engagement et j’aime beaucoup sentir leur plaisir. »

Je partage avec vous le conseil que m’a donné ce poète très câlin :

« Nous avons tous un talent et nous le gardons souvent caché par peur du regard de l’autre, il n’empêche qu’il frappe à la porte et qu’il suffit d’une légère poussée pour qu’on ose le partager ; j’aime aider à ouvrir la porte parce que je trouve très souvent des choses magnifiques…mais c’est une autre histoire ! ».

Frédéric Casset va publier prochainement un recueil de poèmes. **

Comme le souligne si justement Jean Ferrat, le poète a toujours raison et déclare avec Aragon : la Femme est l’avenir de l’homme, non ?

 

Publié dans Avenir Web-3D

Les délires de Frédéric : « La calinologie au service de l’homme »

http://fredericheberle.wordpress.com

 

* *Entre deux mondes de Frédéric Casset, EDi LIVRE.com

 

* le slam : c’est une forme de poésie sonore, considérée comme un mouvement d’expression populaire, un art du spectacle oral et scénique, focalisé sur le verbe et l’expression brute avec une grande économie de moyens, un lien entre écriture et performance. En 2006, le premier album « spoken word » de Grand Corps Malade, slameur, apporte un  coup de projecteur médiatique sur ce mouvement. (source Wikipédia)

 

 

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3 réflexions sur “Frederic Heberle ou l’Eloge de la calinologie

  1. C’est drôle que tu cites « Le Profiteur », Fanette… Lorsque j’ai acheté le premier recueil de Fred, c’est sur cette poésie que j’avais accroché. Il m’avait alors répondu que pourtant ce n’était pas l’une de ses préférées… Comme quoi, malgré le nombre incalculable de textes écrits par Fred (eh oui, j’ai eu la chance de les avoir toutes (ou une bonne partie du moins) à relire, certaines nous interpellent particulièrement !
    Bonne journée Fanette
    Martine (et pour info, Martine = Iphi, si tu ne le savais pas ! )

    • A un moment donné, notre route a croisé ou croisera un de ces profiteurs.
      J’aime en particulier le questionnement : « suis-je meilleur que lui ? Ai-je bien réfléchi à toutes mes promesses ? Mes envies…sont-elles vraiment tes envies ? N’est-ce pas moi que j’aime quand je te caresse ? »
      Et oui je savais pour Martine = Iphi ^^

      • Bien sûr que notre route est maculée de « profiteurs »… Et la première question qu’on se pose lorsqu’on rencontre quelqu’un c’est celle-ci « est-il sincère ou bien est-ce une fois de plus un « profiteur » ? »
        Ce poème m’avait tellement marqué que je l’avais mis sur mon blog aussi. C’était les débuts de nos échanges avec Fred, avant SL même et il m’avait dit que j’avais pas choisi le texte dont il était le plus fier… Comme quoi l’avis d’un homme et d’une femme est bien différent.
        Bisous d’Iphi !

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